Quelques jours chez ...  AUTODROME  Paris



Cette chronique est un aperçu de l'activité ordinaire d'AUTODROME, laquelle est parfois plutôt...extraordinaire !

 

 

 

 

Juin 2020

 

Les plus âgés d'entre nous se souviennent sans doute des fascinantes Rover à turbine des 24 Heures du Mans. Rover avait utilisé un châssis de BRM Formule 1 de 1962, légèrement modifié. La turbine consommait 42 l de kérosène aux 100 km. Son étonnant silence de fonctionnement et son allure étrange la firent surnommer "The Silent Ghost" (le fantôme silencieux) par les anglais. Il y eut deux versions de cette voiture. Voici quelques photos de la première qui courut en 1963, hors classement officiel, du fait du règlement. Elle termina la course à une étonnante moyenne de 173 km/h, ce qui l'aurait classée 7ème juste derrière la Ferrari GTO LMB de David Piper et Masten Gregory. Pour une première participation, avec une technologie jamais vue sur une voiture de course, la démonstration fut brillante.

 

 

 

Premiers essais de la Rover-Brm à turbine 1963.On reconnaît le casque de Graham Hill.

Les coussins sont utilisés pour compenser la différence de taille avec son équipier Richie Ghinter

 

 

En course la Rover-Brm était finie en vert anglais comme les autres voitures britanniques à l'époque.

 

 

La turbine à gaz Rover ne pesait que 100 kilos, et était servie par une boîte de vitesse à deux rapports, marche avant et marche arrière, sans embrayage. Cette turbine avait été développée par le constructeur britannique, et expérimentée depuis de longues années, puisqu'en 1952 déjà une Rover de route expérimentale mue par la même turbine atteignit 150 miles/heure, soit 240 km/h.

La projet de voiture de série avait bien avancé puisqu'en 1956 la marque présentait une Grand Tourisme à turbine d'une centaine de chevaux, qui, grâce à un poids très contenu (ni embrayage, ni système de refroidissement, transmission très simple), revendiquant un zéro à 1000 km/h en dix secondes, au niveau d'une Austin Healey. Elle disposait de quatre roues motrices et d'une carrosserie en fibre de verre. Elle n'entra pas en production.

 

 

 

La Rover T3 à turbine au Salon de Londres 1953

 

 

En 1965, Rover revenait au Mans, avec une voiture proche de celle de 1963 mais complètement redessinée pour ce qui est de la carrosserie. Cette fois, le style très original et pur rendait justice à la technologie d'avant-garde développée par Rover. La voiture aurait facilement pu être adaptée en GT à hautes performances. Les aléas de la course firent que la turbine fut endommagée en avalant un corps étranger, la voiture finissant néanmoins à une remarquable dixème place dans la course la plus dure au monde : seulement quatorze voitures terminèrent l'épreuve cette année-là.

 

 

 

 

La sensationelle Rover à turbine du Mans 1965. A propos de cette seconde version, voire également ICI

 

 

Mai 2020

 

Les restrictions de déplacement imposées depuis deux mois ont pesé sur nos activités les plus agréables : le contact avec d'autres collectionneurs et l'utilisation libre des voitures sur route. Les achats et ventes se poursuivent cependant, avec notamment un collectionneur nordique qui piaffe d'impatience pour pouvoir rapatrier la Lamborghini fraîchement acquise chez Autodrome. Néanmoins, cette contrainte a pu être mise à profit pour plonger dans d'anciennes archives et documentations pleines d'excellents souvenirs et d'informations passionnantes.

 

 

 

La Lamborghini Countach LP500 présentée en 1971 : s'envoler sur les ailes de l'imaginaire et du plaisir...

 

 

 

La toute première Countach : les mains de quelques artisans d'élite font naître un rêve - une folie ? - d'ingénieur

Les merveilleuses et sensuelles prises d'air ne laissaient pas pénétrer assez d'oxygène...il y aura une solution

 

 

La photographie ci-dessus en noir et blanc montre le mythique prototype Countach LP500 en cours de construction à l'usine de Sant'Agata. A l'époque on se frotta les yeux - une voiture  aussi incroyable, comment serait-ce possible ? Chez les passionnés, elle provoqua une intense émotion et une attente fiévreuse, puisque sa disponibilité tarda quelque peu. Le concept voiture de sport avait sans doute atteint là un sommet qui ne se reproduira plus : comme un pic d'épidémie, en quelque sorte, mais dans ce cas il s'agissait une maladie amoureuse, le virus de la bella macchina sportiva à son apogée.

Comme nous l'avait confié le très regretté Paolo Stanzani : "Notre philosophie était clairement de faire quelque chose de neuf, à l'avant-garde, et que les autres n'ont pas fait"...D'une audace exceptionnelle, la Countach est une des voitures les plus emblématiques du XXème siècle.

 

 

 

 

La toute première brochure de la Countach LP400 (collection Autodrome)

La découpe de la vitre latérale est encore celle du prototype LP500, aujourd'hui disparu

Sur les voitures de production - livrés à partir de 1974 - la vitre est en deux moitiés rectangulaires

 

 

Version finale de la vitre latérale : seule la partie basse s'abaisse, de cinq centimètres environ

Countach LP400 (#1120114, ex-Autodrome)

 

 

Avec le recul du temps, la Countach restera l'une des plus phénoménales Lamborghini de l'époque classique. La première fut la 350 GT : née d'une marque totalement inconnue, cette Gt de grand luxe égala et même surpassa Ferrari. Peu après la Miura, visuellement et techniquement révolutionnaire, établit les canons mécanique et esthétique de ce qu'on appelle aujourd'hui supercar. Enfin, la Countach LP400 fut le paroxysme de ce que la marque pouvait créer : une voiture aussi extrême était proprement hallucinante dans son aspect et dans sa nature. La brochure ci-dessus annonce - voilà plus d'un demi-siècle- une vitesse maximale de 315 km/h, certes théorique, mais à comparer à celle enregistrée pour la barquette Gulf-Ford GR8 du Mans 1975, la plus rapide en piste à 312 km/h...

 

 

A l'aube d'une Histoire exceptionnelle

 

La marque Aston Martin fait partie des légendes du sport automobile. Le grand public connaît surtout les DB5 et DB6 des années 60, voire les spectaculaires modèles à moteur V8 qui suivirent. Mais c'est bien avant, dans les années cinquante que la marque commença à construire sa réputation.

 

La DB3, produite en seulement une dizaine d'exemplaires, reste l'une des plus fascinantes, elle témoigne des premières années d'un constructeur qui allait entrer dans l'Histoire. Après une remarquable 3ème place au Mans en 1951 avec la DB2, c'est avec une DB3 qu'Aston Martin remporta les 9 heures de Goodwood en 1952. Le le modèle rafla les 2ème, 3ème et 4ème places à Silverstone (derrière la Jaguar Type C de Moss), ainsi qu'une seconde place aux 12 heures de Sebring 1953. L'Aston DB3 de Parnell-Abecassis s'inclinait devant la puissante Cunningham C-4R (avec son V8 de 300 chevaux), mais s'adjugeait deux tours d'avance sur ses suivantes, deux Jaguar Type C. Aston Martin s'installait déjà dans le peloton de tête des plus grandes marques sportives.

 

 

 

Une des trois DB3 du Mans 1952 (#DB3/1) : équipée d'un hard-top pour l'occasion, elle est à l'origine une barquette de course

La calandre est en une pièce, contrairement aux premières DB2 : ce caractère identifie la marque dans l'imaginaire collectif

 

 

Après le beau tir groupé des DB2 sur le circuit de la Sarthe en 1951 (3ème, 5ème, et 7ème places), l'année 52 fut décevante pour Aston Martin : sur les trois DB3 engagées, aucune ne termina la course ; une DB2 sauva l'honneur en finissant à la 7ème place.

La course, marquée par un doublé des Mercedes 300 SL, avait été exceptionnellement éprouvante, avec seulement 17 voitures à l'arrivée. La bataille était acharnée cette anné-là entre les Jaguar Type C profilées (qui durent abandonner pour cause de surchauffe), la Cunningham Chrysler (ci-dessous), les Talbot-Lago T26, les Ferrari 212, 225 et 340, et la Gordini 15S de Behra-Manzon qui mena de la troisième à la onzième heure, avant que dans la nuit la voiture soit retirée, les freins ne répondant plus - extraordinaire performance pour un moteur de 1500 cm3.

 

 

 

La Cuningham C-4R à moteur Chrysler V8 (1952) finira en 4ème position au Mans 1952

Son concepteur Briggs Cunningham avait tenu le volant durant vingt heures

 

 

Briggs Cuningham avait débarqué au Mans déjà deux ans auparavant avec une étrange barquette construite sur une base de Cadillac à moteur V8 de 5,4 litres à cinq (!) carburateurs, surnommée "Le Monstre". Très rapide mais instable dans les virages en raison de ses supensions trop souples de berline, elle finira, après une sortie de route, en 11ème position, juste derrière un coupé De Ville quasiment de série.

 

 

 

 

Mais revenons à Aston Martin. Au GP de de Monaco 1952 (réservé cette année-là aux voitures de Sport), David Brown engage trois DB3. Celle pilotée par Reg Parrnell s'arrête à Sainte-Dévote dans un panache de fumée. Avant qu'il ait eu le temps de pousser sa voiture de côté, elle est percutée par plusieurs autres concurrents. L'arrière est très endommagé. Les 24 H. du Mans se tenant deux semaines après, il y avait urgence. Aston Martin décida alors d'envoyer la voiture à Paris, confiant la réparation à Henri Chapron, qui réalisa une forme spéciale offrant à la voiture un arrière tronqué.

 

 

 

La DB3/3 réparée et recarrossée par Chapron (à gauche). Lors d'un ravitaillement, la voiture prit feu aux 9 heures de Goodwood (1952)

 

 

Cette voiture connut un destin particulier, car elle fut ensuite achetée par un pilote français qui lui offrit une très belle carrosserie signée Vignale. Cette voiture n'a pas survécu jusqu'à nos jours.

 

 

 

La DB3 châssis DB3/3 avec sa robe créée par Vignale

C'est la toute première apparition de la célèbre sortie d'air latérale présente sur les DB4, 5, 6 et DBS

A droite : au GP de Casablanca 53, en arrière plan une autre DB3 sous sa forme originelle de barquette

 

 

Comme il arrivait assez souvent à l'époque, le même dessin d'un carrossier pouvait habiller diverses marques : cette forme se retrouve ainsi sur une Ferrari 340 America (#0196A), avec un capot avant un peu différent. Cette voiture était née en barquette, forme sous laquelle courut au mains de Piero Taruffi, et de Louis Rosier notamment. En 2001, elle retrouva sa forme originelle.

 

 

 

Ferrari 340 America re-carrossée par Vignale (fin des années 50)

 

 

 

Magique attirance

 

La liberté de se rouler maintenant regagnée en partie permet de retrouver les joies toujours renouvelées de la conduite des automobiles classiques. Ces merveilles possèderont toujours un attrait magnétique sur toutes les générations : ce petit enfant descendu d'une voiture de tourisme ordinaire malgré les rappels à l'ordre de sa mère, n'a pas hésité à l'occasion d'un ravitaillement à s'installer au volant de cette Matra-Sports Djet VS (propriété personnelle d'un associé d'Autodrome) qui reprenait contact avec le goudron des petites routes de province. Il lui sera pardonné, car manifestement ce virus-là est plus fort que toutes les barrières des règlements absurdes.

 

 

 

 

Pour un collectionneur qui a des enfants, l'idée est souvent présente à l'esprit de transmettre un bel objet automobile à la génération suivante. Point n'est besoin de trop attendre, d'ailleurs, car c'est vraiment une belle manifestation d'affection des parents à un enfant que de lui "réserver" une jolie petite ancienne, pas forcément onéreuse, mais dotée du "super-pouvoir" de voyager dans le temps...

 

Et pour le plaisir la merveilleuse Lotus Eleven, vendue en différentes versions (de la "Le Mans" à la "Sports", selon la puissance du moteur et les trains roulants, et même avec un hard-top optionnel). Le dessin de la carrosserie en aluminum est dû à l'ingénieur aérodynamicien Frank Costin. La version la plus rapide était donnée pour 209 km/h - en 1956, avec un moteur de 1098 cm3 ! Une Lotus Eleven remporta sa catégorie au Mans 1957, terminant en 7ème position au classement général.

 

 

 

 

 

 

Mars 2020

 

L'épidémie actuelle nous a fait entrer dans une période difficile, à affronter résolument, de manière solidaire et avec tous les moyens dont nous disposons. Dans un contexte de manque ressources en matériel médical et en personnel qualifié face à la montée de la contamination, chacun doit agir avec prudence pour éviter la contagion de soi et des autres tout en conservant des conditions de vie acceptables. Pour les déplacements, dans les cas autorisés, rien n'empêche cependant de s'offrir le plaisir de rouler si on le peut dans une automobile ancienne, dont le charme et le pouvoir d'évocation peuvent contribuer à garder bon moral, ce qui est essentiel dans une telle situation.

 

Aller faire ses courses alimentaires en Lamborghini Countach : pourquoi pas ? La revue Auto-Rétro publie ce mois-ci une lettre d'un lecteur qui possède une Countach 5000 QV depuis 1994 ; elle avait alors 11.000 km. Depuis, il ne cesse de savourer sa conduite, sans modération, puisque la voiture totalise aujourd'hui plus de 200.000 kilomètres sans souci. Un bon exemple pour ceux qui craignent un quelconque manque de fiabilité de ce type de moteurs...

 

 

 

Ravitallement pour la Countach LP400 dite "Mardikian" (à toit Targa), longtemps propriété d'Autodrome

S'agit-il d'une sortie pour achats alimentaires en nocturne ? Non, cette photo a été prise en 2010

alors que nous conduisons cette voiture pour l'exposer à Rétromobile

 

 

Une des deux CD-Panhard du Mans 1964 sur le périphérique parisien ? Oui, bien entendu : elles furent toutes deux légalement immatriculées

Nous avons exposé celle-ci (#64/1) à Rétromobile en 2009. Ce trésor du XXème siècle a été recompensé au dernier Concours de la Villa D'Este

 

 

En Aston-Martin DB6 dans un Paris désert ? Si vous avez ce privilège, voilà qui modifie la perception de cette période éprouvante,

surtout si vous faites partie des personnels de santé qui sont les plus exposés et dont il faut saluer le courage et le dévouement

Pour résister aux vents contraires, tenir bon mentalement est essentiel tout comme l'entr'aide et les soins à donner

 

 

 

La vie continue pour toutes les activités qui sont encore praticables. Ces circonstances, pour inquiétantes qu'elle soient surtout pour les plus fragiles, comportent aussi quelques aspects positifs. Par exemple, la consommation effrenée de biens souvent superflus s'est nettement ralentie, ce qui fait gagner du temps à consacrer à nos proches, à la lecture, à la musique, au dessin, à la conversation, à la réflexion aussi ; certes cela signifie des conséquences considérables pour l'économie et les travailleurs, salariés ou indépendants, dont la source de revenus se tarit. Il faut espérer que nos gouvernants assureront le nécessaire à chacun, besoins de la vie courante, aliments, soins, instruction, et tireront des conséquences de cette grave crise pour réviser la priorité trop souvent donnée aux profits et aux calculs financiers, au détriment de ce qui est la raison d'être de toute société civilisée : garantir à tous des ressources suffisantes pour une vie paisible, la santé, le bien-être et l'éducation, entre autres. Cette épreuve changera-t-elle le paysage politique et les programmes des partis ? Cela n'est pas impossible.

 

 

 

"Rue Courbe", quoi de mieux pour une voiture issue de la compétition ?

Matra Djet VS, 1966, Collection personnelle d'un associé d'Autodrome

 

 

Février 2020

 

Les recherches historiques sur le passé d'une voiture ancienne sont généralement longues et réservent souvent des surprises. Nous avons retrouvé dans nos archives ces photos de la Monte-Carlo Lamborghini Centenaire à moteur V12 Countach QV, prises dans la cour de l'usine Lamborghini au début des années 90. Ce premier exemplaire a en effet appartenu à Lamborghini, avant d'être restitué à Fulvio Ballabio, son concepteur. Il est aujourd'hui la propriété d'Autodrome Paris.

 

L'étrange destin de cette fantastique GT, la première au monde à coque et carrosserie en carbone, a pris un tournant lorsque le constructeur de Sant'Agata a suspendu la fourniture de son moteur V12. Ce propulseur magique, couplé à une construction ultra-légère typée course faisait de la voiture monégasque un challenger sérieux pour les super-sportives de l'époque, aussi bien la Diablo que la Ferrari F40, dont le châssis bien que renforcé par des panneaux de carbone, était encore traditionnel, tubulaire. Lamborghini, alors en proie a des difficultés, a-t-elle craint une concurrence gênante ? Impossible à dire, même avec le recul du temps.

 

En tous cas, Fulvio Ballabio, fondateur de la marque, inspiré par son expérience de pilote (Le Mans, F1, Indy, et bateaux de course), avait recherché le plus haut niveau de performance et de technique.

 

 

 

La Monte-Carlo Lamborghini à l'usine de Sant'Agata. C'est la première GT au monde à offrir une coque en carbone comme les voitures de compétition

C'est logique, son créateur F. Ballabio est un pilote. Il obtint notamment une cinquième place aux 24 H du Mans 1986.

A droite, l'équipage Clay Regazzoni, Henri Pescarolo et Fulvio Ballabio aux 4 heures de Monza 1996

 

 

 

Deux Monte-Carlo Centenaire furent engagées pour le Mans 1993 : lors des essais préliminaires, elles furent l'objet d'une grande curiosité. A ce jour, on n'a toujours pas établi avec certitude l'identité réelle des financiers Georgiens ayant acquis le droit d'engager les voitures en compétition, droit cédé par Fulvio Ballabio alors en difficulté financière. Le nom d'Alexander Marianishvili a souvent été cité, sans confirmation probante. Il faut rappeler qu'à l'époque la Géorgie venait tout juste d'acquérir son autonomie, et les hommes d'affaires derrière ce projet ne tenaient peut-être pas à faire trop de publicité sur leur enrichissement rapide. Sur les deux voitures, renommées "MIG" pour la circonstance, l'une avait conservé son V12 Lamborghini Countach, tandis que l'autre utilisait un tout nouveau moteur bi-turbo conçu par Motori Moderni et le célèbre Ingénieur ex-Ferrari Carlo Chiti...

 

 

 

 

 

 

Le Mans fut une tentative non concluante faute de préparation, avec tout de même un record de 354 km/h enregistré sur les Hunaudières

L'une des deux "MIG"-Monte-Carlo participa ensuite aux 6 heures de Vallelunga 1993, avec Ballabio, son constructeur, au volant

 

 

Les relations entre Lamborghini et Monte-Carlo Automobile se poursuivirent plusieurs années après la présentation de la Centenaire V12 en 1990. Ainsi ce courrier daté de 1994, et signé par Daniele Audetto ex-Directeur de la Scuderia Ferrari, et qui dirigeait alors Lamborghini Engineering - en charge du développement de moteurs de course notamment en F1 (Ligier, Larrousse, Lola). Tout en soulignant l'incertitude sur le devenir de la firme, Lamborghini donne son accord pour fournir un "mock-up" (maquette / gabarit) du moteur F1, afin que Monte-Carlo Automobile l'utilise pour concevoir sa future voiture destinée au Championnat GT...Le projet était lancé mais ne se concrétisa pas.

 

 

 

 

Passionnants documents d'archive sur l'aventure Monte-Carlo Automobile

 

 

L'autre document ci-dessous est relatif à l'engagement pour le Mans 1993 : on voit que le nom de Ballabio figure en premier, suggérant une présence plutôt discrète des hommes d'affaires Géorgiens. A noter que la confirmation de l'engagement est envoyée le 4 mai, les essais devant se tenir le 16...un temps de préparation à l'évidence très court. Des années plus tard Monte-Carlo Automobile, toujours dirigée par Fulvio-Maria Ballabio, commença à developper des voitures de course très spéciales exploitant les carburants alternatifs et écologiques, GPL, hydrogène et alcool. Plusieurs prototypes de GT routières dérivées des modèles de compétition ont été présentés dans les années 2000.

 

 

 

 

Différents prototypes de recherche et de compétition développés par MonteCarlo Automobile

En bas, la GT destinée à une production en très petite série ; le cockpit est inspiré du motonautisme

 


 

 

La Lamborghini Pregunta V12 exposée à Sant'Agata au Musée de l'usine Lamborghini

 

 

 

 

Après sa certification par le Polo Storico, gardien du temple de l'histoire de la marque, l'extraordinaire prototype Pregunta, qui n'existe qu'en un seul exemplaire, est désormais offert à la curiosité du public en bonne place au Musée de l'usine Lamborghini. Nous avons acquis voilà quinze ans ce concept-car qui marqua en point d'orgue l'histoire de Lamborghini "italienne". Quelques semaines après sa présentation à Paris en 1998, la marque légendaire, après des années flamboyantes, inoubliables, marquées de crises terribles, changeait de propriétaire, et le projet était arrêté. Heureusement ce spectaculaire Speedster, revendiquant 530 ch et 333 km/h est demeuré intact - et l'esprit automobile qu'il illustre est tout aussi vivant aujourd'hui.

 

Nous l'avions piloté avec délice sur le circuit de Spa-Francorchamps à l'occasion d'une démonstration placée sous le signe de la passion Lamborghini. Il convient de préserver soigneusement une telle automobile qui représente un fragment d'Histoire du XXème siècle. Le dessin de la carrosserie, à la fois parfaitement abouti, mature, et cependant radical et révolutionnaire, est signé du grand créateur Marc Deschamps, le successeur de Marcello Gandini comme directeur du style chez Bertone. Ces lignes ont d'ailleurs depuis inspiré plusieurs "super cars" célèbres, à commencer par la Bugatti Veyron. Le crayon du styliste est parvenu a marier les courbes souples des automobiles classiques des années soixante avec des plis discrets, évoquant, mais en la dépassant, l'esthétique des années 70 et 80. Le résultat est à la fois voluptueux et agressif, maîtrisé et spectaculaire.

 

 

 

La Pregunta prend de la vitesse devant les stands de Spa-Francorchamps

 

 

 

 

 

Janvier 2020

 

Touring

 

Chaque passionné d'automobile a sa personnalité et ses préférences: les uns roulent aussi souvent que possible avec leur "classique", sans se laisser dissuader par le froid, la pluie ni même la neige ; d'autres participent à des compétitions sur piste ou sur route, certains s'efforcent de peaufiner un "état Concours" idéal et scrupuleusement conforme à l'original, ne sortant la voiture du garage - par beau temps - que pour de belles occasions de rencontres ou rassemblements, d'autres enfin s'attachent à la patine, ces empreintes émouvantes laissées par les années et les kilomètres sur une véritable machine à voyager dans le temps.

 

L'un des plaisirs les plus recherchés par beaucoup est le "touring", expression qui désigne les déplacements essentiellement orientés vers le dépaysement et le goût de conduire, en prenant le temps d'admirer la nature, de découvrir des endroits pleins de charme et d'histoire, de faire halte dans un village, près d'une rivière ou d'une colline et de savourer ce qui fait le goût de la vie : échanger avec les autres et découvrir paisiblement le monde autour de soi, s'enrichir de paysages, d'histoire et de culture. Comme certains philosophes nous l'ont enseigné, le chemin - la route - est parfois aussi important que la destination. Une belle automobile ancienne est bien plus qu'un moyen de transport, elle colore, éclaire et enchante les parcours que l'on fait à son bord. Le simple fait de mettre son sac dans le coffre (très réduit sur certaines !), de tourner la clé de contact, de laisser chauffer un peu la mécanique, sont des plaisirs simples et qui se renouvellent à volonté. On garde de ces voyages des souvenirs précieux, et chaque voiture leur donne un caractère différent.

 

 

 

La nature aux alentours de Saint-Raphaël (Var).

 

Lamborghini Countach LP400 à Paris et à Fontainebleau, à l'époque propriété de Neldo Levy (Autodrome)

Certainement l'une des plus fascinantes voitures de tous les temps, irrationnelle et fantasmatique

 

 

 

Paysages dans la région de Cervo, le long de la côte Ligure (Italie)

 

Ferrari 250 GT Lusso et 250 Coupé PininFarina préparée compétition (ex-Autodrome), deux chefs d'oeuvre dans l'histoire de la marque

 

L'expression "caffé coretto" signifie, café corrigé...avec un trait de grappa, alcool fort italien issu de la vigne

 

Photos prises dans le Gard ; il s'agit de l'une des rarissimes Djet VS préservées en état d'origine (Collection Autodrome)

 Un demi-siècle n'a fait que révéler la justesse aérodynamique et la pureté de ce dessin, apparu aux 24 H du Mans en 1962

 

Région d'Aix-en-Provence, colline de la Sainte-Baume

 

 

Aston Martin DB4, Lancia Flaminia Zagato, partout, ces voitures sont admirées comme des oeuvres d'art mobiles

 

 

 


D'autres jours chez Autodrome : 2019 ... 2018... 2017 / 2016 / 2015 / 2014 / 2013 / 2012 / 2010-11 / 2008-9 / 2006-7 / 2003-5 / 2001-2  

L'aventure Autodrome a commencé dans les années soixante, lorsque les frères Levy, passionnés d'automobiles sportives commencent à acquérir leurs premiers "pur-sang", Facel-Vega Facellia,

Alfa-Romeo Giulietta, R8-Gordini, Lotus Elan, Lotus Europe, Maserati Mexico, puis Ferrari et Lamborghini, Aston-Martin, Lancia...

Neldo Levy (Autodrome Paris), et sa première Ferrari

Michel Levy dans les années 80, avec la Miura S blanche de la collection familiale

 

Tel. +33 (0)630 096 491 ou  +33(0)686 699 827 Fixe : +(0)1 45 31 12 49 - Livraison France et international  - English website:

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Quelques automobiles que vous auriez pu acheter chez Autodrome Paris ou Autodrome Cannes...